Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /Avr /2009 16:08

Chaque rose à son épine

Chaque rose à son épine
Qui peut nous faire courber l’échine
Comme elle peut nous rendre encline
De douceur ou de douleur,
La rose nous montrera sa couleur.
Devant nous, se prononcera dans l’heure.
D’un blanc pur ou d’une noirceur fatale
Les sentiments de la rose sont palpables.
De passion, de dignité et d’humilité,
elle en recouvrira ses pétales
Depuis la nuit des temps
Une rose est une rose,
Mais de ses sentiments,
Le temps peut la rendre heureuse ou morose.
Il suffit de se donner la peine
De regarder avec les yeux du cœur
Sans que cela nous consterne
Pour voir enfin la ferveur
Qui est contenue dans chacun des cœurs
De la rose et de ses épines
Pour en connaître sa valeur
Comment dire à vos proches :
Votre amour m’a fait vivre, à présent il me tue.
Comment dire à ceux qui nous aiment qu’ils ne nous aiment pas ?
Si l’homme se complainte
Dans la vengeance et la haine
À polluer autour de ses pensés et autour de lui
C’est qu’il n’a rien appris de ce qui l’entoure
Nous sommes tous uniques
Comme chaque rose avec son épine
Il faut apprendre de nos erreurs
Apprécier, admirer
Sinon c’est le néant
Dans notre cœur qui nous attend
Sinon c’est le néant
Dans notre âme qui nous prendra
Ça ne sera que les épines qui ressortira
Et non la beauté et le parfum que l’on verra


Christine Soleil Egerie

Par Loic Goubert de Cauville
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Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /Avr /2009 15:50

Tu ne peux plus changer d’avis !

Je ne l’aimais pas. Je ne l’aimais pas. On m’a dit « Non, tu ne peux plus changer d’avis »

C’est vrai que je ne l’aimais pas, vraiment pas. Une horreur dirai-je même. Et tous les soirs, je me la tapais, qu’il fasse froidure, gelure, engelure, enluminure, qu’il fasse chaleur, étuve, hammam, sauna. Oui, tous les soirs je devais me la taper. Deux heures avant j’y songeais, une heure avant j’y pensais, cinq minutes avant je réalisais. Le poids de l’habitude, les us et coutumes qui font qu’un soir se mêle à un autre soir, un coucher à un autre coucher.

Depuis trente ans déjà, je contemplais cette masse grasse, flasque et gélatineuse qui flottait sur son lit blanchâtre, les yeux sans vie, ronds, translucides, tels des pustules prêtes à jaillir, éclater.

Impression de me farcir une tête de hareng, hareng saur ou hareng sure. Ce morceau de viande couleur chiasse, d’où apparaissait une vague forme de squelette, d’os ou de cartilage.

Non je ne peux plus changer d’avis. Et mon avis, me l’a-t-on seulement demandé mon avis ? Ma mère me l’a imposée cette compagne des bons et mauvais soirs, cette sorcière qui transmute les doux couchers en bal de l’horreur. ‘ « Ce sera Elle et point d’autre !  ». Et je pliais, la tête baissée.

J’allais peut-être enfin m’éveiller. J’étais en plein cauchemar. Je me pinçais le bras assez fort. Non, c’était bien réel. Je ne rêvais pas. Je devais faire face à cette réalité quotidienne.

Alors l’idée de meurtre germa en moi. Et si je la faisais disparaître ? Personne ne s’en apercevrait, personne ne la rechercherait. Disparue à jamais. Je reprendrai vie comme un noyé que l’on vient de sauver et que l’on ramène à la surface. Je sentirai la vie renaître dans mes poumons, caresser une fleur de printemps, butiner la rosée de l’été, cultiver mile et un chrysanthèmes in memoriam. Je revivais. Je sentais la joie monter, me soulever, m’emplir tel un geyser.

« Eh dis, tu rêves ou quoi ? » entendis-je dans un lointain murmure.

Et tous les soirs, des grands «beurcks », des «  putains d’encore » murmurés malgré moi. Et me pencher encore sur cette masse visqueuse, ses odeurs nauséabondes, de bouche d’égout.

Envie de vomir, de dégueuler, de lui chier dessus.

Mon drame, mon grand drame….Plus tard je me suis marié. La spécialité de ma belle-mère, fin cordon bleu, émérite cuisinière, disciple de feu Maître Escoffier était …le suprême de bouillon accompagné de sa poule bouillie.

Par Loic Goubert de Cauville
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Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /Avr /2009 14:22

PAPERASSERIES

 

Dans ma tête, une image…les fesses callipyges de ma secrétaire…Depuis combien de temps n’ai-je vu pareille croupe, si charnue, si dodue, si festive…Hum, je voudrai te trousser,te toucher, te tâter, te palper, te caresser, te malaxer, te pétrir…tester ton moelleux et ta fermeté …Ces fesses, les déshabiller du regard, les dénuder lentement, précautionneusement,….si elle savait…les frôler, les lécher, les tripoter,les tirlipoter…si elle savait…Peut-être a-t-elle deviné…Ca me changerait de ma quotidienne, avec son arrière-train flasque, en goutte d’huile, encombré de plis et replis…la cellulite, je ne la supporte plus, les chairs en peau d’orange sous lesquelles semblent baigner des liquides croupissants, les os à portée de main. Même avec les remonte fesses, rien à tirer. Le vide, l’ennui…Se coucher le soir. J’ai mal à la tête, vite tourner le dos. Ne plus l’entendre ronfler. Non seulement limande devenue, mais en plus elle ronfle. Et ces fesses à l’autre…qui me ramènent à mes vingt ans…Est-elle en bas ou en collant  aujourd’hui ?…C’est cela…Il va falloir que je me fixe une tâche quotidienne. Quels dessous a t’elle choisis aujourd’hui. Cela changera de la gaine couleur chair coupe 1960 de ma régulière. Qu’en penserait-elle si elle savait ?

Je continue à fixer bordereaux et papiers pelures sans les voir. Les lettres commencent à virevolter devant mes yeux. Le d se pose sur le b, les jambes du m s’emmêlent dans celles du w, le h s’écoule sur le i, la barre du t s’emmanche dans le chas du f, se retire et va s’enfiler dans la rondelle du q. Commencent à parader les X, les doubles X, Les A inspirés, les O expirés…L’entendre murmurer les paroles de Birkin « déshabille-moi »….

Faire semblant d’être occupé,…Renverser mes papiers. Peut-être qu’accroupie, la robe tendue, je pourrai deviner, bas ou collant ? De fait, que préférai-je retirer ? Un bas ou un collant. Et ces nouveaux bas ? Ceux sans jarretelles qui tiennent tout seul, les a t’elle essayés ?

-Margueritte, dites-moi…Avez-vous souvenance du dossier des Gruyères Beaufort ? Je ne sais plus où il a été rangé.

-Désolée, Monsieur, mais je ne travaillais encore ici lors de cette affaire.

-Oui, c’est vrai…Je crois qu’il est rangé au fond du tiroir du bas du classeur à roulette.

…Ma robe trop ajustée, elle va craquer…Sale type…Tes yeux de fouine, tu crois que je les vois pas…Tous pareils les mecs…Il est 5 heures…Bientôt la sonnerie...Tenir…Tenir.. Il serait bien capable de me prendre sur ce bureau….là….au coin.

- Pas dans ce tiroir, Margueritte, celui en dessous….

…Ne pas me baisser…Faire semblant qu’il est grippé…Plus simple, plus simple …J’ai pas la clé…Il fait déjà nuit et je n’entends cette foutue sonnerie…Dring, Dring sonnerie chérie,…Dring Dring, je te prie…

- Ne bougez pas Margueritte, je viens…

J’imagine le raclement de la chaise…Le bruissement des pas…En lourdes effluves son odeur déjà me pénètre…Son after-shave Monoprix….Son déodorant Brise sous Tilleul…Et cette senteur de pied, de sous-bois fangeux….Il ne va pas oser me trousser par derrière, comme ça, moi, baissée, accroupie, la tête dans le classeur. Qu’ai-je temps de lui faire ?....Le coup de la corde à sauter ? Mais il est trop grand… Celui du passe lacet ? .. .Il est trop maigre… Celui de la sandale à lustrer ?...Il est trop gros…

-Vous me semblez bien pâle et fatigué, Monsieur, si je puis me permettre. Peut-être pourriez-vous remettre ce dossier à demain ?

- Vous savez, Margueritte, malgré mon âge, je suis toujours vert-galant…

- Et que signifie ce mot, Monsieur ?

- Vert pour jeune et galant car je peux toujours rendre hommage à une femme et lui porter secours.

M’aérer ….Me sortir de cette chambre à gaz…Il pue. Quelle infection…Pire que la fruitière de ma grand’mère...Dieu seul sait que l’hygiène n’était pas son fort…Sonnerie, je te conjure.

- A propos, Monsieur, le Beaufort, l’avez-vous déjà goûté ?

- Ah Margueritte, vous savez, moi question fromage, mon préféré est l’Entremont…

Et un pas de plus. Détresse et solitude dans ce bureau nu…

Je vais jeter la machine à écrire dans cette face de rat.

Un dernier pas.

-Allez, poussez-vous Margueritte que j’attrape ce fichu dossier…

Par Loic Goubert de Cauville
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